Couleurs de la nature, racines du patrimoine
Chamarel, niché au sud-ouest de l’île Maurice dans le district de Rivière Noire, est une région riche en merveilles naturelles et en héritage culturel. Nommé d’après le colon français Charles Antoine de Chazal de Chamarel vers 1800, et autrefois appelé « Vallée des Noirs » par les esclaves affranchis, le village porte en lui des histoires multiples, inscrites dans son nom et son paysage. Au cœur de la communauté se dresse la chapelle Sainte-Anne, construite en 1876, qui devient un lieu de rassemblement vibrant lors de la foire annuelle de la Sainte-Anne. Les célèbres Terres des Sept Couleurs de Chamarel révèlent une mosaïque naturelle de sables volcaniques, tandis que la cascade de Chamarel, haute de 95 mètres, se jette dans des vallées verdoyantes peuplées de forêts d’ébène endémiques. La conservation est au centre de l’identité de Chamarel, notamment à travers le projet Ebony Forest, qui restaure la biodiversité native via un écotourisme immersif. Des sentiers de randonnée à la Rhumerie de Chamarel, en passant par des restaurants proposant des plats issus de produits locaux, Chamarel offre un mélange unique de durabilité, d’aventure et de tradition. Le développement touristique du village honore son passé tout en construisant un avenir respectueux de l’environnement.
HIGHLIGHTS
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Guérir la forêt, revivifier l’île
L’initiative de conservation Ebony Forest est l’un des projets de durabilité les plus inspirants de Chamarel. Fondé en 2017, le projet s’étend sur 34 hectares de forêt subaride native, jouxtant le parc national des Gorges de la Rivière Noire. Dédiée à la restauration de la flore et de la faune endémiques de l’île Maurice, la forêt abrite aujourd’hui plus de 154 000 espèces indigènes plantées et constitue un refuge pour des oiseaux rares tels que le crécerelle de Maurice et la perruche écho. Cet effort de reforestation va au-delà de la préservation environnementale : il implique activement le public. Les visiteurs peuvent participer à des balades guidées, des parcours dans la canopée, et même planter des arbres eux-mêmes, créant ainsi un lien vivant avec la nature. L’élimination des plantes envahissantes fait également partie des efforts de réhabilitation écologique. Par l’éducation, l’engagement et la conservation, l’Ebony Forest représente un modèle d’écotourisme où durabilité, biodiversité et fierté communautaire convergent. Ce n’est pas seulement une destination, mais un héritage vivant de ce que le tourisme responsable peut accomplir
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La nature en pleine palette
Le Geopark des Terres des Sept Couleurs de Chamarel est l’une des attractions les plus emblématiques de l’île Maurice et un modèle d’écotourisme. Ces dunes aux teintes arc-en-ciel, formées par l’érosion volcanique, fascinent les visiteurs par leurs nuances de rouge, brun, violet, bleu, pourpre, vert et jaune. Mais au-delà de leur attrait visuel, le site défend activement la responsabilité environnementale. Le Geopark a mis en place des pratiques de transformation des déchets en ressources afin de réduire son impact écologique. Les déchets organiques sont compostés, les huiles de cuisson transformées en biocarburant, et les déchets solides triés pour limiter les dépôts en décharge. Ces efforts protègent non seulement un environnement naturel fragile, mais sensibilisent également les visiteurs à l’importance des pratiques durables. Grâce à une signalétique claire, des centres d’interprétation et une conception éco-responsable, le site allie beauté naturelle époustouflante et conscience écologique. Les Terres des Sept Couleurs de Chamarel montrent que des attractions de renommée mondiale peuvent aussi devenir des leaders en matière d’action climatique et de conservation, offrant une vision du tourisme à la fois vibrante, responsable et tournée vers l’avenir.
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Un goût de demain, enraciné dans la tradition
Le restaurant Le Chamarel incarne l’essence du mode de vie durable et de la fierté culturelle de la région. Son programme « Now for Tomorrow » intègre un modèle d’économie circulaire directement dans l’expérience culinaire. Environ 82 % des ingrédients sont approvisionnés localement, soutenant ainsi les agriculteurs mauriciens et réduisant l’empreinte carbone. Le restaurant limite le gaspillage, utilise des technologies de nettoyage respectueuses de l’environnement, et marie saveurs traditionnelles et contemporaines dans son menu. Plus qu’un simple lieu de restauration, Le Chamarel relie ses convives à l’identité de l’île à travers une narration culinaire et une expression culturelle. L’engagement communautaire y joue un rôle clé, avec des initiatives valorisant le patrimoine local, depuis l’approvisionnement en ingrédients jusqu’à la mise en avant de l’artisanat. Grâce à cette approche holistique, le restaurant démontre que durabilité peut rimer avec gourmandise et enracinement local. Le Chamarel nourrit non seulement ses hôtes, mais soutient aussi l’économie locale et l’environnement, faisant de chaque repas un pas vers un modèle touristique plus régénératif.
